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Traduire de l’anglais vers le français (ou l’inverse) semble simple en apparence : les deux langues partagent un vocabulaire parfois similaire et des structures grammaticales pas si éloignées. Pourtant, c’est justement ces traits communs qui rendent la traduction de l’anglais au français parfois traître. Leur sens, leur usage et leur construction divergent souvent de façon subtile, et ce juste assez pour créer des erreurs qui passent inaperçues à la relecture rapide.

LES FAUX-AMIS

Un des pièges les plus connus quand vient le temps de traduire, et pourtant le plus persistant, ce sont les faux-amis. Il s’agit de mots qui se ressemblent d’une langue à l’autre, mais qui n’ont pas le même sens.

En voici quelques cas classiques :

  • Actually ne veut pas dire « actuellement » (currently), mais plutôt « en fait ».
  • Eventually ne signifie pas « éventuellement » (possibly), mais « finalement, au bout du compte ».
  • Library n’est pas une librairie (bookstore), mais une bibliothèque.
  • Sensible en anglais veut dire « raisonnable », pas « sensible » (sensitive).
  • Attend signifie « assister à », pas « attendre » (wait for).

Un traducteur inexpérimenté, ou un outil de traduction automatique, peut passer sur ces mots sans même s’en rendre compte, parce que la phrase reste grammaticalement correcte. C’est là le danger : une erreur de faux-ami ne saute pas aux yeux. Le texte se lit bien, il « sonne bien », mais il dit autre chose que ce qui était voulu.

LES STRUCTURES

Au-delà du vocabulaire, ce sont souvent les structures de phrase qui trahissent une traduction faite trop rapidement ou de façon trop littérale.

L’ordre des mots et la lourdeur de la syntaxe

Le français privilégie les phrases longues, les subordonnées, les tournures impersonnelles (« il est important de… », « il convient de… »). L’anglais, lui, préfère des phrases courtes, actives, avec un sujet clair qui agit. Une traduction mot à mot du français vers l’anglais donne souvent un texte lourd, passif, qui sonne « traduit » plutôt que rédigé par un locuteur natif.

Les prépositions

Elles ne se traduisent presque jamais de façon symétrique d’une langue à l’autre. Par exemple, « penser à » devient think about, mais « répondre à » devient reply to, et « s’intéresser à » devient be interested in. Il n’y a pas de règle universelle de traduction des prépositions, seulement une connaissance de l’usage, que seul un locuteur expérimenté maîtrise vraiment.

La ponctuation

Le français utilise des espaces insécables avant les deux-points, les points-virgules et les points d’exclamation; l’anglais, lui, n’en met jamais. Les guillemets diffèrent également du français (« ») à l’anglais ( » « ). Des détails, oui, mais qui sautent aux yeux d’un lecteur natif d’une langue et donnent une impression d’amateurisme si on les néglige.

POURQUOI L’IA TOMBE ENCORE DANS CES PIÈGES?

Les outils de traduction automatique (DeepL, Google Traduction, ChatGPT et autres) ont fait des progrès impressionnants. Ils gèrent très bien les textes simples, factuels, sans ambiguïté, mais ils butent encore régulièrement sur les mêmes pièges :

  • Ils traduisent sans vraiment comprendre l’intention derrière le texte à traduire. Un faux-ami comme eventually peut être mal traduit si le contexte immédiat ne suffit pas à éliminer l’ambiguïté.
  • Ils lissent le style sans toujours comprendre le registre voulu. Un texte juridique, marketing ou technique n’a pas les mêmes codes, et l’IA a tendance à produire un anglais « générique » qui manque de nuance.
  • Ils ne posent pas de questions. Un traducteur humain qui tombe sur une phrase ambiguë va se renseigner, poser une question au client, vérifier le contexte. Une IA, elle, choisit une interprétation et l’assume, sans jamais signaler son incertitude.
  • Ils reproduisent parfois la structure de la langue source. Même les meilleurs outils gardent, par moments, des traces de syntaxe anglaise dans leur français : la fameuse traduction qui « sonne traduite ».

Et c’est là que le risque est le plus grand : une traduction automatique produit un texte fluide en apparence, ce qui donne une fausse confiance. On a l’impression que c’est bon parce que ça se lit bien, mais fluide ne veut pas dire juste.

L’IMPORTANCE DE LA RÉVISION HUMAINE

C’est précisément pour cette raison qu’une révision humaine, même sur un texte déjà traduit par une IA, n’est pas un luxe : c’est une nécessité pour tout document destiné à être publié, envoyé à un client ou à représenter votre entreprise.

Un réviseur professionnel va :

  • repérer les faux-amis que l’algorithme n’a pas repérés;
  • réajuster les structures de phrase pour qu’elles sonnent naturelles, pas traduites;
  • adapter le registre de langue au public visé;
  • corriger les détails typographiques propres à chaque langue;
  • s’assurer que le sens original, avec ses nuances, est bien préservé.

La traduction automatique peut être un excellent point de départ, surtout pour accélérer le travail, mais entre un premier jet généré par une IA et un texte prêt à publier, il y a une étape incontournable : le regard humain, entraîné à repérer précisément ce genre de pièges.

Vous avez un document à traduire ou à faire réviser? N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir un texte qui non seulement se comprend, mais qui sonne juste, et ce, dans les deux langues.